La rencontre entre le monde occidental et celui du peuple au sourire éternel. Pour apprécier son voyage à Bali, il faut d’abord commencer par connaître et comprendre son histoire, comme lors d’un premier rendez-vous. Savoir écouter, entendre, accepter et parfois, faire preuve de beaucoup d’imagination. Comprendre Bali, c’est un peu comme lire un livre de science-fiction, lâcher prise et rentrer dans le récit en se disant que c’est possible, oublier que notre rapport aux esprits est différent, que nos propres croyances n’ont plus d’importance pour passer dans un monde parallèle. C’est alors que tout prend un sens, pas forcément logique, mais notre propre histoire n’est-elle pas parsemée de non-sens, d’absurdités, de contradictions ? Alors acceptons que cela soit identique pour Bali et commençons le récit de l’histoire de Bali.
Il ne sera pas ici possible d’aborder la face spirituelle de l’île, ses légendes qui pourtant déterminent les choix des Radjas, des plus grands guerriers et du simple paysan. Nous sommes ici sur la rencontre entre les Balinais et les premiers Occidentaux.
Le royaume perdu de Majapahit
Le Majapahit (ou Mojopahit), érigé à la fin du XIIIe siècle, est un des plus puissants et riches royaumes de Java durant la période hindou-bouddhique. Son histoire vient de la nuit des temps à travers deux poèmes traduits du vieux javanais et des écrits chinois. Le premier poème, le Nagarakertagama, écrit par le poète de la cour, Mpu Prapanca, en 1365, reprend les grandes réalisations et les actions héroïques du propre roi de Majapahit, Hayam Wuruk. On y retrouve la description des temples, des cérémonies et des rituels, comme la cérémonie en l’honneur du propre arrière-grand-père du roi, Kertanegara, dernier roi de Singasari.

Ces précieuses pages nous présentent Hayam Wuruk comme un fervent Bouddhiste. Après sa mort, il est déifié sous trois formes : en Tîrthankara (« faiseur de gué », sous-entendu à travers le fleuve de l’humaine misère), en Ardhanarisvara (c’est-à-dire « le seigneur Ardhanari », la forme androgyne du dieu Shiva) et en « Shiva-Bouddha », « l’honoré et illustre protecteur des montagnes, protecteur des sans protection. Il est sûrement souverain au-dessus des souverains du monde ». Cette figure de Shiva-Bouddha est propre à Java, où l’hindouisme et le bouddhisme étaient mêlés.
Le deuxième poème, le Kidung Sunda, écrit au XVIe siècle et dont la copie a été retrouvée à Bali, nous raconte l’histoire d’amour entre le roi Hayam Wuruk et la princesse Dya Pitakola, fille du roi de Sunda. L’écrivain nous décrit un autre temps où le roi de Sunda, père de Dya Pitakola, déclenche une guerre avec son futur gendre qui se soldera par la mort de sa propre fille et promise au roi de Majapahit. Le poème décrit également la mort de Gajah Mada, le bras droit de Hayam Wuruk. Le royaume s’effondra à la fin du XVe siècle après une lutte féroce pour le pouvoir contre son voisin, le royaume de Pajajaran.
Au cours de son apogée durant le XIVe siècle, il s’étendit de la Malaisie à la Nouvelle-Guinée en passant bien sûr par Bali. Il semble aujourd’hui que l’hindouisme soit arrivé à Bali sans l’intermédiaire des Javanais. Une stèle en sanskrit mais sans un mot de javanais dessus, encore visible à Sanur, attesterait du lien direct qui aurait existé entre les Brahmanes indiens et les Balinais. Bien sûr, les liens avec Java sont anciens. Une charte datant de 962 atteste même de la construction d’une station balnéaire pour les Javanais !
Bali ne fut toutefois conquis, par le ministère d’État Majapahit Gajah Mada, qu’en 1343. Selon la légende, le dernier roi de la dynastie de Pejeng à Bedulu, un village près de Gianyar, fut un farouche opposant et résista face à l’envahisseur. Cité sous plusieurs noms, dont Dalem Bedulu ou Raja Tapolung, on lui donnait des pouvoirs mystiques et la faculté de pouvoir remplacer sa tête tout seul si celle-ci tombait. Un jour, il se coupa la tête près d’une rivière, mais celle-ci fut emportée par le courant. On dit que Shiva voulut le punir pour ce péché d’hubris. Un serviteur posté à côté trancha alors la tête d’un cochon et la posa sur le corps de Dalem Bedulu. Depuis ce jour, il fut interdit de regarder le roi dans les yeux sous peine de mort.
Gajah Mada, une fois à la cour, apporta en cadeau des mets de toute sorte et de longues feuilles de fougère. Il demanda au roi la permission d’en manger une et se l’enfonça dans la gorge tout en inclinant la tête, il croisa alors le regard de Dalem Bedulu. Ce dernier, fou de rage devant cette transgression, ne put faire tuer Gajah Mada, car dans la culture indonésienne on ne peut déranger quelqu’un qui mange et donc encore moins le tuer. Dalem Bedulu, bouillant de colère, se consuma de son propre feu et les Javanais eurent par la suite la voie libre pour conquérir Bali.
Les Javanais commencèrent véritablement à émigrer vers Bali lors de l’islamisation de Java lorsque le royaume des Majapahit commença à s’effriter à la fin du XVe siècle. Le prêtre javanais le plus connu est sans doute Nirartha. Selon la légende, il fonda les temples majeurs de la côte ouest de Perancak à Uluwatu, notamment Tanah Lot. L’influence Majapahit fut aussi diverse que notable à Bali, que cela soit pour l’architecture, l’hindouisme, les armes ou l’organisation sociale avec l’import d’un système de caste plus rigide. Si aujourd’hui être Javanais n’est pas toujours bien vu à Bali, laisser entendre qu’on a des ancêtres Majapahit, donc javanais hindous, est toujours très respecté, l’hindouisme javanais ayant longtemps été vu comme un idéal de perfection pour les nobles et notables Balinais.
Premières rencontres indonésiennes et choc des cultures
Passons sur la période Paléolithique, les migrations austronésiennes, pour aller directement à l’arrivée des grands explorateurs Européens. L’histoire de Bali est étroitement liée au reste des îles indonésiennes. Nous commencerons par le récit de Marco Polo (1254-1324) décrit dans « Le Livre des merveilles ». Rappelons que ce grand voyageur revendiquait une vraie empathie vis-à-vis des peuples qu’il rencontrait, se présentant comme un ethnologue, ouvert aux cultures différentes et appréciant les religions comme le Bouddhisme, l’Islam ou le Taoïsme.
Il semble que l’immersion ait pourtant ses limites. En effet, sur Sumatra, où il resta 5 mois, il fut extrêmement choqué par les coutumes d’une tribu, qui avait pour tradition de manger leurs morts, ce qui leur permettait de s’imprégner d’une partie de leur âme et de leur force. Marco Polo, horrifié, résuma ces pratiques par la phrase suivante « ces mauvais hommes bestiaux qui mangent les hommes ». Il sembla oublier que dans un même temps, en Europe, la pratique n’était pas inconnue lors des grandes famines et pour des raisons moins spirituelles et plus pratiques. Ce fut en 1493 que, suivant certains historiens, pendant son voyage aux Caraïbes, Christophe Colomb appela cela le cannibalisme.
Découverte de Bali par les premiers explorateurs
De nombreuses expéditions rejoignirent ensuite les côtes indonésiennes en 1585. Celles-ci n’avaient pas pour objectifs premiers de s’immerger dans une culture inconnue, de faire de nouvelles rencontres, de partager les traditions, de comprendre les coutumes et encore moins de faire du commerce équitable. Le but était avant tout de revendiquer de nouvelles terres pour son roi, sa reine ou la nation, de soumettre les peuples, de les convertir aux croyances du pays, de piller leurs ressources, d’échanger des esclaves contre de l’opium pour rendre les autochtones dépendants et dociles.
En 1597, l’explorateur néerlandais Cornelis de Houtman découvrit l’île (mais il n’était pas le premier) et la baptisa « Jeune Hollande » sans réelle considération pour son nom d’origine Baly ou Bali, ce mépris pour les traditions et la culture Balinaise semblant être une constante pour les explorateurs en général.

En 1601, ce fut au tour de Jacob van Heemskerck de revendiquer l’île, sur un malentendu d’ailleurs. Le roi de Gelgel envoya une lettre pour leur souhaiter la bienvenue qui sera traduite par « vous êtes ici chez vous », ce que les Néerlandais prirent au pied de la lettre. En 1619, la création, à Batavia sur Java (actuel Jakarta) de la compagnie néerlandaise des indes orientales ou VOC se concrétisa par la mise en place d’un marché aux esclaves. Les princes balinais saisirent ainsi l’occasion de vendre leurs esclaves, ce qui par là même développa les guerres entre les différents royaumes à Bali mais également à Java. Les esclaves balinais, très appréciés pour l’habileté artistique des hommes et la beauté des femmes, sont envoyés à Batavia, dans l’armée coloniale ou exportés comme de la marchandise à l’île Maurice. Les princes balinais sont quant à eux payés en opium.
Les conflits résultant des accords passés avec la VOC sont nombreux et les batailles, de Java à Bali, font rage. Les territoires changent de mains, des familles royales disparaissent, la domination du Roi de Gelgel sur Bali s’évanouit pour laisser place, à la fin du XVIe siècle, à une île divisée en neuf royaumes.
Quand Bali devient une colonie
En 1816, l’économie de Bali dépend essentiellement de l’exportation des esclaves que les 9 rois de Bali échangent contre des armes et de l’opium. Les Néerlandais, souhaitant affirmer leur présence sur l’île de Bali, arrêter les actes de piraterie, les pillages d’épaves, décident alors de faire signer des contrats aux rois Balinais. Ces derniers, après de longues négociations, refusèrent d’apposer leurs signatures sur les documents, ce qui ne sembla pas gêner les colons qui estimèrent qu’avec ou sans signatures les contrats étaient valables.
C’est à partir de cette période que les Néerlandais purent constater que les Balinais avaient un sens aigu de la propriété (et de la contradiction) tout en appréciant particulièrement leur indépendance. Les relations se compliquèrent et les échauffourées se multiplièrent pour devenir des expéditions militaires. Trois interventions marquèrent les esprits, les deux premières, en 1846 et 1848, permettant aux Néerlandais de prendre le royaume de Buleleng. La dernière, en 1849, obligea les colons à assister à un Puputan ou suicide collectif, un rituel collectif, pratiqué par l’ensemble de la cour royale, femmes et enfants compris, quand la bataille est perdue.

À l’issue de ces trois campagnes, une administration coloniale est créée, essayant de trouver un compromis. C’est un membre de la famille royale qui dirigeait celle-ci, sous l’autorité d’un contrôleur Néerlandais, qui arriva en 1855 à Singaraja au nord de Bali. Si nous donnons cette date, c’est pour indiquer qu’il n’était pas au fait des coutumes locales ni même de la culture Balinaise. Il arrivait avec sa propre définition de ce « qui est bien pour vous », ses principales réformes furent la vaccination, l’interdiction de l’autosacrifice ou Sati (ou Sutty), une cérémonie où épouses et concubines du Radja se jetaient dans le brasier de la crémation de leurs époux, les rejoignant ainsi dans l’au-delà. Il développa également le commerce, la production de café, de clous de girofle et procéda à l’éradication de l’esclavage, qui rappelons-le, fut largement plébiscité par ces mêmes Néerlandais début 1800.
De 1858 à 1890, de nouvelles guerres se déclarent entre les différents royaumes, pour la plupart générées par l’appât du gain et la quête du pouvoir. Suivant les intérêts commerciaux en jeu, les Néerlandais y participent. Profitant en 1890 d’un conflit entre Bali avec le royaume du sud et le roi de Lombok pour destituer ce dernier et rajouter Karangasem et Lombok à leurs possessions. Mais les alliés d’un jour sont souvent les adversaires de demain. Les colons sont souvent pris à partie par les Balinais eux-mêmes comme en 1858 et 1868. Les tensions montent, le colonialisme devient plus présent, plus autoritaire, plus expéditif, tout en oubliant peu à peu l’importance pour les Balinais de vivre leur propre culture et d’obéir aux dieux.
Le Puputan ou suicide collectif Balinais
C’est en 1906 que tout bascule. Un navire marchand vient s’échouer sur la barrière corallienne de Sanur. Les habitants, tout à leur savoir-faire en matière de pillage, vident le bateau de la cargaison pour ensuite la partager avec l’ensemble du village. Il ne s’agit pas pour eux véritablement d’un vol mais plutôt d’une opportunité offerte par les Dieux. L’armateur chinois, propriétaire du bateau, quant à lui, ne l’entendait pas de cette oreille et exigea le remboursement total de la marchandise aux Balinais. La première fois ne fut pas la bonne, le Radja ne comprenant pas très bien l’objet du délit. Il fallut que le marchand revienne plusieurs fois et avec les Néerlandais eux-mêmes, augmentant à chaque visite le prix de sa cargaison pour que la cour royale comprenne qu’il y avait effectivement un problème. Pas forcément celui de payer, car au fond il n’en était pas question, mais plutôt de perdre la face.

La dernière visite fut décisive. L’armée Néerlandaise, à grand renfort de bateaux, débarqua à Sanur, libérant des bataillons d’artilleurs, pour se rendre directement au Palais de Badung. Ils étaient bien sûr persuadés que cette démonstration de force suffirait à faire plier le plus récalcitrant et l’affaire serait réglée dans la journée, c’était logique. Prenant conscience que les colons étaient maîtres de la situation, les grandes portes du Palais s’ouvrirent pour laisser place au Radja en personne, avec sa garde royale et ses serviteurs. Le suivaient de près les deux familles royales, composées des épouses, concubines, enfants, prêtres et les esclaves, l’ensemble de cette procession dans leurs plus beaux habits. S’ensuivit un véritable massacre, un Puputan ou suicide collectif. Les Balinais se jetant sur les soldats avec de simples kriss pour obliger ces derniers à faire feu et c’est sous une pluie de mitraille, entre canons et mousquets qu’une grande partie des Balinais périt, les survivants égorgeant les blessés avant de se donner eux-mêmes la mort. C’est ainsi que la famille royale de Badung disparut avec la mort d’environ 1000 personnes. Après un nouveau Puputan, en 1908, qui eut lieu cette fois-ci dans la région de Klunkung, les Néerlandais ont tout pouvoir sur l’île de Bali. Ils laissent le contrôle de la culture et la religion aux chefs locaux et gèrent le commerce et la partie administrative.
Les premiers pas de Bali dans le tourisme
L’histoire pourrait s’arrêter là et comme sur de nombreuses îles de par le monde, Bali aurait pu rester sous le joug Néerlandais, s’imprégnant peu à peu de la culture occidentale, perdant à la fois leur propre histoire et leur exception culturelle. C’est sans compter sur les regards des Occidentaux à l’autre bout du monde. En effet, ces actes de guerres sanguinaires sont relatés par les médias de l’époque, comme dans le « Petit Journal », et l’image de la puissance coloniale bienveillante des Pays-Bas est sérieusement écornée. Faire du commerce avec un pays qui massacre la population indigène, la disproportion entre la faute commise et la sanction devient intolérable.

Les réactions et les positionnements des autres pays, principalement occidentaux, obligèrent les Néerlandais à reconsidérer leurs relations avec les Balinais. Faute de le faire dans le cadre d’une action humanitaire, altruiste et désintéressée, face à la pression, ils furent obligés de respecter les us et coutumes et de communiquer sur cette relation « vertueuse » si ce n’est par conviction, tout au moins pour développer l’exportation des épices vers l’Europe. Cela ne les empêcha pas d’interdire en 1930 aux Balinaises de sortir de chez elles seins nus, mais comme c’était une demande du clergé, cela convenait tout à fait aux colons.
Face aux critiques de leur politique de gestion des îles comme Java, Sumatra ou les Célèbes (devenues Sulawesi), les Néerlandais mirent en place une vraie stratégie de communication marketing, en annonçant qu’ils reconnaissaient qu’ils avaient (peut-être) été un peu durs mais qu’ils avaient compris. Ils placèrent Bali sous le feu des projecteurs, se positionnant eux-mêmes, non seulement comme les acteurs d’un développement durable de l’île mais également comme des découvreurs de talents et protecteurs d’une culture qu’ils avaient eux-mêmes contribué à brimer. Ils transforment l’île de Bali en musée vivant et en 1914, Bali est ouvert au tourisme : Nous y voilà !
Bali devient la destination incontournable. Le développement du tourisme à Bali prend un nouveau virage dans les années 20 avec le début du troisième international. Rappelons au passage que si le voyage connaît un véritable essor après 1815, c’est en 1841 qu’apparaît le mot « Tourisme » avec Thomas Cook qui ouvre une agence de voyage en Angleterre. C’est donc avec l’exposition coloniale de Paris en 1931 où l’on peut, pour la première fois, découvrir, au pavillon colonial, la porte d’un temple balinais reconstitué, la présentation de la culture de Bali et de Java et la démonstration de danse balinaise, accompagnée par un orchestre local (le gamelan).
Dans un même temps, les anthropologues Margaret Mead et Gregory Bateson, les artistes Miguel Covarrubias et Walter Spies, sans oublier le musicologue Colin McPhee, transmettent une image occidentalisée de Bali. À travers leurs écrits, ils décrivent une île enchanteresse, celle aux mille temples, présentant ses habitants aux sourires éternels, aux esthètes en paix avec eux-mêmes (« an enchanted land of aesthetes at peace with themselves and nature »). Cela permettra de rendre accessible une culture complexe en la simplifiant avec des mots d’Occidentaux et de donner aux Européens l’envie de venir découvrir l’île des Dieux. Bien plus tard, vers le début des années 30, de nombreux artistes viendront s’installer à Sanur, source d’inspiration pour nombre d’entre eux. Ils sont peintres, romanciers, sculpteurs, comme les Américains Katharane et Jack Mershon, les frères allemands Hans et Rolf Neuhaus.
Bali, une histoire d’amour ? Sea, sex and sun…
Dans les années 60, les surfeurs venus d’Australie, vinrent profiter des vagues de Kuta, réputées pour être puissantes et sans danger et d’autres spots comme « Impossible », « Lacerations » ou « Padang-Padang ». Le soir, ils dormaient sur la plage, ce que les Balinais avaient du mal à comprendre, dans leur culture, le « vivre ensemble » (Bersama) étant une philosophie de vie. C’est ainsi qu’ils ouvrirent leurs portes aux surfeurs, les hébergèrent en toute générosité. Les substances hallucinogènes, comme les champignons, étaient largement consommées et l’amour avait un parfum de liberté qui donnait au Sud de Bali une image de paradis.

Plus tard, dans les années 70, les chambres à louer pour un prix modique commencèrent à fleurir puis les hôtels dans les années 90 pour un prix substantiel et les complexes hôteliers pour s’adresser à une autre clientèle pour des tarifs plus occidentaux commencèrent à voir le jour dans les années 2000. Les Balinais ont dû apprendre par eux-mêmes ce qu’attendait le voyageur, s’étonnant eux-mêmes que des familles fassent des milliers de kilomètres pour venir les voir, ne cessant de les remercier pour cette gentille attention.
Bali c’est fini ou comment détester une île sans la connaître
Une phrase qui revient souvent, que ce soit sur les blogs ou même de la part de certains voyageurs, c’est celle-ci : Bali c’est fini ! Comme s’il ne pouvait y avoir de transformation, d’évolution. Nous apprenons à Bali que tout est impermanence, qu’il faut accepter de perdre, que rien ne dure et que nous pouvons apprendre du passé pour appréhender l’avenir. Alors Bali c’est fini ? Cette phrase peut être répétée à l’infini et pour toutes les destinations, la Grèce c’est fini, la France c’est fini, Capri c’est fini…
En ce qui concerne Bali, 30% de l’île, à savoir le Sud, a effectivement évolué. Cela s’est transformé pour devenir une station touristique, avec de grands et beaux hôtels, des activités nautiques, de nombreux restaurants, des endroits où faire la fête. Il est indéniable que cela répond à une certaine catégorie de voyageurs et de nombreux séjours sont organisés en se limitant à cette région du sud.
Seulement voilà, Bali c’est aussi 70% de villages authentiques, de paysages millénaires, de rizières à perte de vue, de coutumes et de traditions uniques, de rencontres chaleureuses et bienveillantes. Bali est une île de contrastes qui ne peut se limiter au manque d’imagination de ceux qui suivent le plus grand nombre. Elle se mérite, s’apprivoise. Nous vivons ici depuis de longues années et partout nous arrivons encore à nous faire surprendre, à nous tromper de route et à nous perdre dans des régions absolument magnifiques et cela sur des kilomètres. Il nous arrive régulièrement de nous faire happer par des scènes de vies hors du temps, d’avoir l’impression de replonger dans le passé alors que nous sommes bien ici et maintenant.
Aimer Bali autant pour son passé que pour son avenir.
À travers ce condensé de l’histoire de Bali, on comprend mieux que tout n’est pas aussi simple. S’attacher à réduire une île, un pays ou une région à sa situation actuelle, à ses paysages, ses sites touristiques, sans prendre en compte son passé, c’est accepter d’occulter ce qui fait l’âme de la destination, autant dans ses sombres périodes que dans ses années de lumière. C’est aussi considérer que tous leurs habitants ont tous les mêmes envies, les mêmes espoirs et surtout la même implication dans le développement du tourisme local, le respect de la faune et de la flore et avec une connaissance pratique du développement durable.
Avant que le tourisme se développe, nous pouvons comprendre, à travers l’histoire de Bali, que la colonisation a laissé son empreinte, qu’il n’y avait pas de place pour une compréhension des us et coutumes locaux, si ce n’est pour s’en servir à des fins commerciales. Si nous avions dû approcher la culture Balinaise véritablement, par les nombreuses légendes et histoires locales, nous vous aurions certainement perdus. Pourtant c’est le quotidien de l’île des Dieux, des croyances d’un autre temps, des traditions ancestrales et des superstitions millénaires et cela a toujours un sens de nos jours.
Bali évolue mais reste fidèle à ses croyances, son ADN. Les Balinais accueillent les voyageurs avec beaucoup de bienveillance et s’adaptent sans sacrifier leur identité, ils restent à la fois dignes et respectueux des traditions ancestrales. L’avenir de l’île des Dieux passera immanquablement par une volonté des voyageurs d’aller un peu plus loin dans la découverte et de sortir, parfois, de sa zone de confort et ça tombe bien car c’est ce que l’agence de voyage à Bali qu’est Amanaska vous propose.


