Découvrir Bali : le Subak ou le secret millénaire des rizières balinaises

Pendant votre voyage à Bali, vous allez immanquablement passer devant des rizières qui sont autant de magnifiques tableaux sous le soleil de l’île des Dieux.
Pourtant, une question subsiste depuis la nuit des temps : « Mais comment cette cascade parfaite d’eau et de verdure peut-elle fonctionner depuis un millénaire sans barrage moderne ? »

Savez-vous qu’un simple coup de cloche, une poignée de fleurs et une réunion de village peuvent décider du moment exact où chaque parcelle sera inondée ?
Et que la même cloche sert aussi de rappel religieux, de règle de partage économique… et même de « contrat » écologique ?

Si ces questions vous intriguent — que vous prépariez un voyage à Bali, un circuit à Bali ou que vous soyez simplement curieux de comprendre ce qui fait vivre l’« île des Dieux » — plongez dans l’univers du Subak.

Vous allez découvrir :

  • Comment un système né au XIᵉ siècle régule encore aujourd’hui l’eau, le calendrier agricole et les relations sociales.
  • Pourquoi chaque mise en eau est précédée d’une prière appelée Mapag Toya et protégée par le temple Pura Ulun Suwi.
  • En quoi la répartition hydraulique suit le même principe de « triade » que l’architecture, la prière et même l’assiette balinaise.
  • Ce que le Subak peut nous apprendre, à nous visiteurs ou agronomes modernes, sur la durabilité et la gouvernance partagée.

Prêt à comprendre comment Bali fait cohabiter ingénierie, spiritualité et solidarité ?
Alors poursuivons : l’eau commence à s’ouvrir, et chaque terrasse a une histoire à raconter.

Riziere Bali Subak

Le Subak : hydraulique, calendrier et spiritualité d’une rizière balinaise

Naissance historique d’un système unique

Les premières traces écrites du Subak datent d’une charte royale de 1071 ap. J.-C., retrouvée dans le district de Gianyar ; elle mentionne déjà la répartition de l’eau entre « frères de rizières » et le devoir d’entretenir le Pura Ulun Suwi (temple de l’eau).

Tout laisse penser que le dispositif est plus ancien : il s’appuie sur des digues, des canaux et des règles de partage que l’on sait déjà maîtriser au IXᵉ siècle dans les royaumes de Warmadewa.
L’UNESCO a d’ailleurs inscrit, en 2012, cinq paysages Subak et leurs temples au Patrimoine mondial, jugeant le système un « chef-d’œuvre d’ingénierie communautaire et d’écologie religieuse ».

Définition et fondements conceptuels

Un Subak est à la fois :

  • Un territoire hydraulique : l’ensemble des terrasses irriguées par une même dérivation d’eau ;
  • Une coopérative paysanne : tous les propriétaires dont les champs reçoivent ce débit sont membres (krama subak) ;
  • Un corps rituel : le Subak finance offrandes, processions et réparations du temple associé.

Le principe directeur est la doctrine Tri Hita Karana : équilibre entre l’homme, les dieux et la nature. L’eau, perçue comme une bénédiction de Wisnu et de Dewi Sri, doit donc être partagée sans léser ni divinité protectrice ni voisin.

Originalité culturelle de Bali

Contrairement à la plupart des canaux d’Asie, l’eau n’est pas allouée par un propriétaire terrien ou un État, mais par la communauté elle-même ; le chef élu, le Pekaseh, agit sur mandat d’assemblée.
Chaque décision combine trois dimensions : technique (débit), juridique (droit coutumier awig-awig) et religieuse (calendrier des offrandes).
C’est cette fusion hydraulique-rituelle qui rend le Subak sans équivalent : il aligne l’inondation d’une terrasse sur la date d’une cérémonie et, inversement, déclenche une prière collective lorsqu’on modifie une prise d’eau.

Organisation pratique

  • Hiérarchie hydraulique :
    La prise principale (weir) capte une rivière de montagne.
    Le canal mère alimente des boîtes de répartition (temuku) taillées au ratio 1 : 2 : 1 ; l’amont reçoit plus que l’aval, mais cède une partie de son quota pendant la saison sèche.
  • Fonctions élues :
    Pekaseh (chef), Petajuh (adjoint), Penyabih (trésorier). Les mandats durent trois ans.
  • Réunions
    L’assemblée se tient chaque Kajeng Kliwon (tous les quinze jours du calendrier Pawukon). Les amendes ou travaux d’intérêt général sont votés à main levée.
  • Sanctions
    Couper l’eau d’un voisin est puni d’une amende en riz ou d’une participation gratuite aux corvées de terrassement.

Utilité agricole mais aussi environnementale

Le Subak régule :

  • L’humidité du sol : l’eau coule en film mince, limitant les moustiques et l’acidification ;
  • La température : un mètre d’eau stocke la chaleur diurne et protège les jeunes plants la nuit ;
  • La biodiversité : entre deux cycles, les agriculteurs élèvent carpes, anguilles et grenouilles ; ces espèces mangent les larves de ravageurs.

Cette synergie technique-écologique explique pourquoi un voyage à Bali ou un circuit à Bali centré sur les rizières est si différent d’une simple visite de plantation en terrasses ailleurs en Indonésie.

Subak - Rizière Bali

Les règles principales

  1. Ouverture collective : nul ne peut inonder seul sa parcelle ; la première mise en eau doit être commune.
  2. Calendrier unifié : tous sèment puis récoltent en même temps pour priver les oiseaux de refuge et réduire les parasites.
  3. Repos obligé : trois semaines de jachère hydraulique (« repos de la terre ») après la récolte.
  4. Offrande proportionnelle : plus la parcelle est grande, plus la famille doit fournir de fleurs, de riz ou d’huile pour le temple.

Calendrier agricole détaillé du Subak

Le Subak suit deux marquages.

Calendrier lunaire Sasih (12 mois de 29 à 30 jours)

  • Sasih Kasa (juillet) : réparation des canaux ;
  • Sasih Karo (août) : première mise en eau ;
  • Sasih Ketiga (septembre) : repiquage ;
  • Sasih Kelima (novembre) : floraison ;
  • Sasih Kesanga (mars) : récolte, avant Nyepi.

Calendrier Pawukon (210 jours) pour les rites 

Chaque phase du riz (jeune, tallage, épiaison, grain laiteux, maturité) correspond à une semaine sacrée : Kalabang, Sinta, Landep, etc.
Dans le nord de Bali (Buleleng), l’ouverture se fait souvent en décembre ; dans le sud (Tabanan, Badung), on préfère avril-mai pour éviter la concurrence touristique de la haute saison — utile à ceux qui partent en famille à Bali hors été européen.

Récolte dans un Subak à Bali

Pura Ulun Suwi : le temple-source

Chaque Subak est rattaché à un Pura Ulun Suwi (« temple de l’origine des eaux »). Situé près de la prise ou d’une source sacrée, il sert de « compteur rituel ». Les membres doivent :

  • Nettoyer les bassins une fois par mois ;
  • Remplacer tous les trois ans le toit de chaume du sanctuaire central ;
  • Fournir l’huile et les mèches pour les lampes à beurre clarifié.

Mapag Toya ou la grande prière d’ouverture de l’eau

Avant la première inondation, la communauté organise la cérémonie Mapag Toya (« accueillir l’eau ») :

  • Les femmes portent des gebogan de fruits jusqu’au temple ;
  • Un brahmane récite le mantra du Gayatri face à la prise ;
  • Le Pekaseh plonge une dague en bois dans l’eau : si le corps flotte à plat, la saison sera favorable ;
  • Une canang sari est accrochée à la pile centrale du barrage ;
  • Trois coups de cloche donnent le signal : les vannes s’ouvrent ; l’eau atteint la première terrasse environ vingt minutes plus tard.

Cette liturgie montre que l’irrigation n’est pas considérée comme un acte purement technique mais comme une négociation permanente avec l’invisible.
C’est pourquoi le Subak fascine les voyageurs en découverte de Bali : on peut observer en direct un réseau hydraulique réglé… par des prières.

Pourquoi le Subak compte pour les voyageurs en visite à Bali

  • Pour qui cherche quand partir à Bali, savoir que juillet-août correspond à la coupe des digues permet d’assister aux réparations.
  • Les amateurs de séjour à Bali axé culture peuvent assister aux offrandes du vendredi Kajeng Kliwon.
  • Les familles en voyage à Bali découvrent un modèle coopératif où chaque enfant porte un panier d’offrandes dès six ans.
  • Ceux qui souhaitent organiser leur circuit à Bali autour des paysages UNESCO peuvent combiner Munduk, Jatiluwih et le musée Subak de Tabanan dans un même circuit.

Ce que le Subak révèle aux voyageurs en vacances à Bali

Né il y a mille ans, le Subak reste l’artère vitale de l’île : sans lui, pas de rizières en escaliers, pas de temples-sources, pas de paysages inscrits sur les brochures « découvrir Bali ».
Le Subak, pourtant ignoré de beaucoup de touristes, transforme l’île et lui donne son âme, sa raison d’être.
S’il offre un rendement agricole, il garantit surtout la cohésion sociale : l’eau est partagée équitablement, chaque goutte est comptée, bénie, restituée.
Dans une époque où l’on débat d’agriculture durable, le Subak prouve qu’un système hydraulique peut nourrir, unir et sacraliser tout à la fois — preuve supplémentaire que, sur l’île des Dieux, la technique reste indissociable du rite.

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