David Bowie n’a pas seulement traversé Bali comme une célébrité en voyage. Entre Amlapura, le Ngaben, ses chansons en indonésien, sa villa de Mustique et ses dernières volontés, l’île a occupé une place intime dans son imaginaire, loin des clichés d’un simple séjour Bali.
Le lien inattendu entre David Bowie et un voyage à Bali
Certaines histoires semblent presque trop belles pour être vraies.
David Bowie, l’homme aux mille visages, le chanteur de Space Oddity, Ziggy Stardust, Heroes et Ashes to Ashes, aurait pu choisir n’importe quel lieu pour marquer symboliquement la fin de son voyage terrestre. Londres, Berlin, New York, Kyoto, l’Afrique, les États-Unis, l’un de ces territoires où sa musique avait laissé des traces profondes.
Mais dans son testament, c’est Bali qui apparaît.
Bali, l’île des temples, des cérémonies, des crémations, des offrandes, des plages, des volcans, des villages, des musiques et des passages entre les mondes.
Ce choix pourrait sembler étonnant pour ceux qui ne connaissent de Bowie que ses métamorphoses pop et son univers futuriste. Pourtant, lorsqu’on regarde son parcours, son rapport à l’Indonésie et les signes qu’il a laissés dans sa musique, ce lien avec Bali devient beaucoup moins anecdotique.
David Bowie n’a pas seulement visité Bali comme une rockstar en vacances. Il semble y avoir trouvé quelque chose qui l’a marqué durablement : une relation différente à la mort, au rituel, à la beauté, à l’architecture, à la lumière et à la transformation.
Et si l’on veut comprendre pourquoi Bali occupe une place si singulière dans son imaginaire, il faut suivre plusieurs fils.
Un voyage dans les années 1980.
Une cérémonie de crémation balinaise.
Une chanson nommée Amlapura.
Des versions chantées en indonésien.
Une villa balinaise construite aux Caraïbes.
Et enfin, des cendres que Bowie voulut confier à Bali.
Pour le blog d’une agence de voyage à Bali, cette histoire est précieuse. Elle montre qu’un séjour Bali ne se résume pas à une destination que l’on visite. Pour certains, l’île devient un territoire intérieur. Un lieu que l’on garde en soi. Un endroit que l’on quitte géographiquement, mais qui continue d’habiter l’imaginaire.
Un voyage à Bali dans les années 1980 : artistes, rockstars et chercheurs d’ailleurs
Lorsque David Bowie découvre Bali dans les années 1980, l’île a déjà une longue histoire avec les artistes occidentaux.
Bien avant lui, Walter Spies avait fait d’Ubud un carrefour artistique. Miguel Covarrubias avait publié L’Île de Bali, livre fondamental dans la construction du regard occidental sur la culture balinaise. Vicki Baum avait écrit Sang et volupté à Bali. Des anthropologues, photographes, musiciens et écrivains avaient observé, étudié, parfois admiré, parfois fantasmé l’île.
Mais dans les années 1980, Bali entre dans une autre époque.

Le tourisme se développe. Les voyageurs sont plus nombreux. Les hôtels se multiplient. Sanur, Kuta et Ubud attirent des publics très différents. Les célébrités commencent à fréquenter l’île. Les rockstars, les artistes, les mannequins, les créateurs et les personnalités internationales viennent chercher à Bali ce que l’Europe et l’Amérique ne leur donnent plus toujours : une forme de décalage, d’intensité, de douceur, de mystère, de beauté rituelle.
Bowie appartient parfaitement à cette constellation.
Il a toujours été attiré par les marges, les croisements, les mondes hybrides. Sa carrière entière est faite de passages : entre rock et théâtre, entre art et pop, entre masculin et féminin, entre futurisme et mémoire, entre spiritualité et provocation, entre Occident et ailleurs. Bali ne pouvait pas être pour lui une simple plage.
Selon plusieurs récits repris après sa mort, Bowie aurait voyagé à Bali avec Iggy Pop dans les années 1980. Cette image est déjà presque cinématographique : Bowie et Iggy Pop, deux figures majeures du rock, deux amis liés par Berlin, par la musique, par les excès, les renaissances et les transformations, se retrouvant face à une île où la mort n’est pas cachée mais ritualisée.
Car l’un des épisodes qui aurait profondément marqué Bowie est sa rencontre avec le Ngaben, la cérémonie balinaise de crémation.
Découvrir Bali à travers le Ngaben : la mort comme passage
Pour comprendre l’impact possible de Bali sur Bowie, il faut comprendre ce qu’est le Ngaben.
À Bali, la crémation n’est pas seulement une disparition. Dans la tradition hindoue balinaise, elle constitue un passage essentiel. Le feu libère l’âme du corps matériel et permet à l’esprit de poursuivre son chemin vers une autre étape. La cérémonie peut être simple ou spectaculaire selon les familles, les moyens, le rang social, le calendrier rituel et les décisions communautaires. Elle peut mobiliser des tours funéraires, des sarcophages en forme de taureau ou d’animaux symboliques, des processions, du gamelan, des offrandes, des prêtres, des vêtements cérémoniels et toute une communauté.
Pour un regard occidental, le Ngaben peut être déstabilisant.
La mort n’y est pas enfermée dans le silence gris d’une cérémonie discrète. Elle est publique, sonore, colorée, collective, ritualisée. Elle n’efface pas la tristesse, mais elle ne la met pas au centre de la même manière. Elle inscrit la mort dans un ordre plus vaste, celui des ancêtres, de la famille, du cycle des renaissances, de la purification et du retour aux éléments.
On imagine facilement l’effet d’un tel rituel sur Bowie.
Lui qui avait toujours travaillé la transformation, les identités successives, les personnages qui meurent pour laisser naître d’autres formes. Lui qui avait chanté l’espace, le double, la chute, le masque, l’étrangeté, l’effacement. Lui qui, dans Ashes to Ashes, avait déjà fait du retour aux cendres une phrase presque mythologique.
À Bali, Bowie aurait rencontré une culture où la transformation n’était pas seulement une esthétique artistique, mais un fait rituel. Un passage organisé. Une manière de donner une forme à l’invisible.
Il faut rester prudent : nous ne sommes pas dans sa tête, et nous ne pouvons pas prétendre savoir exactement ce qu’il a ressenti. Mais les traces qu’il a laissées ensuite permettent de comprendre que Bali n’a pas été pour lui un simple souvenir de vacances.
Découvrir Bali avec Amlapura : quand Bowie chante l’est de l’île
En 1991, David Bowie publie avec Tin Machine le morceau Amlapura, sur l’album Tin Machine II.
Le titre est déjà un indice direct. Amlapura est la ville principale de Karangasem, dans l’est de Bali. C’est une région très différente du sud touristique. Ici, le paysage change. Le mont Agung domine l’horizon. Les palais d’eau, les villages, les routes vers Amed, les côtes plus volcaniques, les traces du royaume de Karangasem et la proximité de Lombok donnent à l’est de Bali une atmosphère particulière.

Amlapura n’est pas un mot choisi au hasard pour sa sonorité exotique.
C’est un lieu.
Et Bowie en fait une chanson.
Dans Amlapura, le climat est méditatif, presque suspendu. Le morceau ne cherche pas l’énergie spectaculaire d’un hymne rock. Il ouvre plutôt un espace intérieur. Les paroles évoquent Java, les voiles, les plages, les bûchers de bambou et la mort transformée par le feu. On y sent un imaginaire maritime, colonial, balinais, funéraire, traversé par des images de rivages, de crémation et de mémoire.
Le morceau semble relier plusieurs dimensions de l’Indonésie : la mer, les îles, la mort, les rituels, la chaleur, les paysages et cette sensation que certaines régions du monde ne s’expliquent pas seulement par des descriptions, mais par des images qui restent dans le corps.
Pour une agence de voyage à Bali comme Amanaska, Amlapura est un symbole intéressant.
Beaucoup de voyageurs qui préparent un voyage à Bali connaissent surtout Ubud, Sanur, Jimbaran, Nusa Dua, Seminyak ou les îles Gili. L’est de Bali, lui, est parfois moins immédiatement compris. Pourtant, il porte une profondeur particulière. Karangasem raconte un autre Bali, plus royal par son histoire, plus volcanique par ses paysages, plus tourné vers le mont Agung, les palais d’eau, la côte d’Amed, les villages et les routes vers Lombok. C’est précisément le type de région qu’un voyage sur mesure à Bali permet de mieux intégrer.
Bowie n’a pas appelé sa chanson Bali.
Il l’a appelée Amlapura.
Ce choix dit quelque chose. Il ne parle pas seulement d’une île abstraite ou d’un paradis touristique. Il désigne un lieu précis, situé, ancré à l’est de Bali. C’est ce qui rend l’hommage plus fort.
Chanter en indonésien : un geste rare dans la carrière de Bowie
Le lien de Bowie avec l’Indonésie ne s’arrête pas au titre Amlapura.
Il enregistre aussi une version indonésienne du morceau, publiée en face B du single You Belong in Rock ’n Roll. Plus tard, il chante également en indonésien Jangan Susahkan Hatiku, version indonésienne de Don’t Let Me Down & Down, associée à l’album Black Tie White Noise.
Ce détail est assez extraordinaire.
David Bowie est un artiste mondial, un musicien qui a traversé les genres, les langues visuelles, les sons, les cultures, les modes et les époques. Mais enregistrer une version en indonésien n’est pas un geste banal. Ce n’est pas seulement une adaptation commerciale. C’est aussi la preuve d’un intérêt réel pour une région, une langue, une sonorité, une relation plus intime avec un public et un imaginaire.
Son indonésien n’est évidemment pas celui d’un locuteur natif, et ce n’est pas le sujet. Ce qui compte, c’est le geste.
Bowie ne se contente pas de prendre Bali comme décor. Il laisse la langue entrer dans sa musique. Il accepte de déplacer sa voix. Il chante autrement. Il se frotte à une sonorité qui n’est pas la sienne. Et dans l’histoire de la pop occidentale, ce n’est pas si fréquent.
Pour les voyageurs qui veulent partir à Bali aujourd’hui, cela rappelle quelque chose d’essentiel : une destination n’est pas seulement faite de paysages. Elle est aussi faite de mots, de langues, de noms, de sons. Amlapura n’est pas seulement une ville. C’est une musique possible. Bali n’est pas seulement une image. C’est un univers sonore, linguistique, rituel, culturel.
C’est aussi pour cela qu’un voyage sur mesure à Bali peut devenir plus fort lorsqu’il ne se limite pas aux lieux à visiter. Comprendre quelques mots, écouter les musiques, savoir pourquoi une cérémonie a lieu, reconnaître le rôle d’un temple, entendre la différence entre l’indonésien et le balinais, tout cela change la manière de voyager.
Bowie, à sa façon, l’avait compris.
Une villa balinaise aux Caraïbes
Le lien le plus spectaculaire entre Bowie et Bali ne se trouve pourtant pas à Bali.
Il se trouve à Mustique, dans les Caraïbes.

À la fin des années 1980, Bowie fait construire sur cette île privée une villa extraordinaire, souvent décrite comme un refuge de style indonésien. Il ne peut pas vivre à Bali à l’année. Sa carrière, ses déplacements, son existence internationale l’en empêchent. Alors, d’une certaine manière, il décide d’amener Bali à lui.
La maison, connue sous le nom de Mandalay, est construite à partir de 1989 et photographiée pour Architectural Digest en 1992. Elle n’est pas une copie froide d’une maison balinaise. C’est plutôt une interprétation personnelle, presque un rêve architectural. On y retrouve des influences indonésiennes, javanaises, balinaises, japonaises et scandinaves, mêlées dans un ensemble de pavillons, de bois, de jardins tropicaux, de bassins, de passerelles, de portes sculptées et d’espaces ouverts sur la nature.
Bowie aurait fait intégrer de véritables éléments venus d’Indonésie, notamment des façades ou portes sculptées javanaises et des détails inspirés de Bali. Dans les images publiées à l’époque, on le voit dans cette maison comme dans un décor qu’il aurait lui-même imaginé pour prolonger son rapport à l’Asie du Sud-Est.
Cette villa est fascinante parce qu’elle raconte une forme d’obsession douce.
Bowie ne veut pas seulement posséder une belle maison tropicale. Il veut créer un monde. Comme dans sa musique, il assemble des fragments. Il emprunte, transforme, compose, hybride. L’Indonésie devient ici une architecture mentale. Une manière d’habiter l’ailleurs sans y être totalement.
Il y a quelque chose de très bowien dans cette démarche.
L’artiste qui a passé sa vie à inventer des personnages invente aussi une maison-personnage. Un lieu qui ne correspond ni totalement aux Caraïbes, ni totalement à Bali, ni totalement à Java, mais à une géographie intérieure. Une île dans l’île. Une Indonésie déplacée.
Pour un article de blog Amanaska Bali, cette histoire permet aussi de rappeler une chose : Bali a influencé bien au-delà de ses frontières. Son architecture, ses portes sculptées, ses pavillons, son rapport entre intérieur et extérieur, ses jardins, ses bassins, sa relation à l’ombre et à la lumière ont nourri des imaginaires dans le monde entier.
Mais rien ne remplace l’origine.
On peut construire une villa inspirée de Bali aux Caraïbes. On peut importer des portes sculptées et des pavillons de bois. On peut recréer une atmosphère. Mais Bali, la vraie, reste un territoire vivant, habité, rituel, contradictoire, mouvant. Elle ne se réduit jamais à son esthétique.
Bowie n’a pas seulement copié Bali.
Il a tenté de la garder près de lui.
Une phrase dans un testament
Le lien le plus fort entre David Bowie et Bali apparaît après sa mort.
Bowie meurt le 10 janvier 2016 à New York. Quelques semaines plus tard, son testament est rendu public. Le document, rédigé en 2004, contient une demande précise : il souhaite que son corps soit transporté à Bali et qu’il y soit crématisé selon ce que le testament appelle les “rituels bouddhistes de Bali”. Si cela n’est pas possible, il demande que ses restes soient crématisés ailleurs et que ses cendres soient dispersées à Bali.
Cette phrase a beaucoup frappé.
Elle dit que Bali n’était pas un souvenir décoratif. Au moment d’écrire ses dernières volontés, Bowie pense encore à l’île. Il pense à une crémation, à un rituel, à une dispersion des cendres. Il ne demande pas un monument, un tombeau, une chapelle, une plaque ou un mausolée. Il demande un passage.
Il faut ici apporter une précision importante.
Le testament parle de “rituels bouddhistes de Bali”, mais la cérémonie de crémation balinaise la plus connue, le Ngaben, appartient à l’hindouisme balinais. La religion balinaise est complexe, nourrie d’héritages hindous, bouddhiques, javanais anciens et de traditions locales, mais parler simplement de “rituel bouddhiste” ne rend pas parfaitement compte de la réalité balinaise. Bowie a peut-être employé ce terme selon sa propre compréhension spirituelle, liée aussi à son intérêt ancien pour le bouddhisme. Mais culturellement, il faut rappeler que les rites funéraires balinais s’inscrivent d’abord dans l’univers hindou balinais.
Cette nuance ne diminue pas la force de son choix.
Au contraire, elle le rend plus humain.
Bowie n’était pas un anthropologue de Bali. Il était un artiste marqué par une expérience, un rituel, une île, une vision de la mort comme transformation. Il a formulé cela avec ses mots, peut-être imparfaits, mais profondément personnels.
Selon les informations publiées après l’ouverture du testament, son corps fut finalement crématisé aux États-Unis, dans le New Jersey. Ses cendres auraient ensuite été dispersées à Bali lors d’une cérémonie privée, conformément à ses souhaits.
Il y a quelque chose de bouleversant dans cette discrétion.
David Bowie, l’un des artistes les plus visibles du XXe siècle, choisit une fin sans grand spectacle public. Pas de cérémonie planétaire. Pas d’hommage monumental imposé à tous. Une crémation. Des cendres. Bali. Une forme de retrait.
Comme si l’artiste de toutes les apparitions avait choisi, pour finir, la disparition.
Des cendres aux cendres, de Bali à Bali
On ne peut évidemment pas parler de Bowie, des cendres et de Bali sans penser à Ashes to Ashes.
La chanson date de 1980, avant les événements balinais qui nous intéressent directement, et il ne faut pas lui faire dire ce qu’elle ne dit pas. Mais le titre résonne étrangement avec la suite de son histoire.

Ashes to ashes.
Des cendres aux cendres.
Chez Bowie, cette phrase a toujours eu une dimension multiple. Elle parle de retour, de transformation, d’ironie, de chute, de mémoire, de personnage qui revient sous une autre forme. Major Tom réapparaît. Les identités se superposent. La pop devient rituel intime.
À Bali, les cendres ont une autre signification.
Elles ne sont pas seulement la fin du corps. Elles sont une étape dans un processus plus vaste. Après la crémation, les cendres peuvent être confiées à l’eau, rendues à la mer, replacées dans le cycle des éléments. Le feu libère, l’eau emporte, la famille accompagne, le rituel ordonne.
Bowie n’a pas demandé Bali par hasard.
Il a choisi une île où la mort peut être pensée comme passage, où la crémation n’est pas un simple geste technique, où la dispersion dans l’eau appartient à une logique symbolique plus grande.
Pour ceux qui préparent un voyage à Bali en famille, un circuit à Bali culturel ou un séjour plus contemplatif, cette histoire rappelle que les traditions de Bali ne sont pas de simples spectacles. Une cérémonie balinaise ne se comprend pas seulement par sa beauté visuelle. Elle appartient à une vision du monde. Elle relie les vivants, les morts, les ancêtres, les dieux, les familles, les villages et les éléments.
C’est ce qui a peut-être touché Bowie.
Non pas seulement la beauté du Ngaben.
Mais le fait qu’une société puisse donner à la mort une forme aussi puissante.
Bali, miroir parfait de Bowie ?
David Bowie a passé sa vie à changer de peau.
Il a été David Jones, puis David Bowie. Il a été Ziggy Stardust, Aladdin Sane, Thin White Duke, artiste berlinois, star pop, expérimentateur, acteur, peintre, homme de scène, icône de mode, chanteur fragile, figure presque mythologique. Chaque époque de sa vie semble brûler la précédente pour ouvrir une autre forme.
Bali, elle aussi, est une île de transformations.
Les cérémonies y mettent en scène les passages de la vie. Naissance, adolescence, mariage, mort, purification, anniversaires de temple, cycles calendaires, relations aux ancêtres. Rien n’est totalement fixe. Tout demande des rites pour passer d’un état à un autre.
Cette affinité symbolique ne veut pas dire que Bowie aurait “compris Bali” mieux qu’un autre. Il faut se méfier de ce genre de formule. Mais on peut comprendre pourquoi Bali a pu lui parler.
L’île offrait une scène rituelle à ce qui traversait toute son œuvre : la métamorphose.
Chez Bowie, la transformation est artistique.
À Bali, elle est cosmologique.
Entre les deux, il y a une résonance.
C’est peut-être pour cela que son lien avec Bali semble si cohérent. Il ne s’agit pas d’un simple caprice de célébrité. Il y a une logique profonde entre son œuvre, ses voyages, Amlapura, ses chansons en indonésien, sa maison inspirée de l’architecture indonésienne et ses dernières volontés.
Bali n’a pas été une parenthèse.
Elle a été l’un des lieux où Bowie a reconnu une forme de passage.
Pourquoi cette histoire compte pour un voyage à Bali
Raconter David Bowie et Bali n’a pas pour but de transformer l’île en décor de rockstar.
Ce serait passer à côté de l’essentiel.
Cette histoire est intéressante parce qu’elle montre comment Bali peut toucher des voyageurs très différents. Des artistes, des familles, des couples, des musiciens, des écrivains, des curieux, des personnes en transition, des voyageurs qui veulent partir à Bali pour se reposer, mais aussi ceux qui veulent comprendre l’histoire de Bali, la culture balinaise et les traditions de Bali.
Bowie n’a pas seulement vu Bali comme une destination. Il l’a intégrée à son imaginaire. Il l’a chantée. Il l’a déplacée dans une villa des Caraïbes. Il l’a inscrite dans son testament.
Tous les voyageurs ne vivront évidemment pas une relation aussi intense avec l’île. Mais chacun peut comprendre quelque chose à travers cette histoire : Bali devient plus forte lorsque l’on cesse de la regarder comme une simple addition de paysages.
Un voyage sur mesure à Bali peut intégrer les plages, les temples, les rizières, les villages, les hôtels et les îles voisines. Mais il peut aussi intégrer les récits. Pourquoi Amlapura compte dans l’histoire de Bowie. Pourquoi l’est de Bali dégage une atmosphère différente. Pourquoi le Ngaben n’est pas un spectacle, mais un rite de passage. Pourquoi l’architecture balinaise a inspiré des artistes jusqu’aux Caraïbes. Pourquoi un nom de ville peut devenir une chanson.
C’est ce type de récit qui transforme un circuit à Bali en expérience plus profonde.
Partir à Bali avec un autre regard
Pour Amanaska Bali, agence de voyage locale à Bali et francophone, l’histoire de David Bowie ouvre une manière différente de parler de l’île.
Elle permet de relier la culture balinaise à la musique, l’histoire de Bali à la pop culture, les traditions de Bali à un imaginaire mondial. Elle montre que l’île n’appartient pas seulement aux guides de voyage ou aux cartes postales. Bali traverse aussi les chansons, les maisons, les testaments, les mythologies personnelles et les œuvres d’artistes.
Un séjour à Bali en famille peut devenir plus riche si l’on raconte aux enfants que l’île a inspiré des musiciens, des peintres, des écrivains et des cinéastes. Un voyage de couple peut prendre une autre couleur lorsqu’on comprend que certains lieux, comme l’est de Bali, portent une mémoire plus profonde que leur simple beauté. Un séjour bien-être à Bali peut éviter les clichés si l’on comprend que le rapport balinais au corps, à la mort, à l’eau, au feu et aux ancêtres ne se réduit pas à une expérience touristique.
Partir à Bali, ce n’est pas seulement changer de décor.
C’est parfois rencontrer une autre manière de penser les passages.
David Bowie l’avait peut-être senti plus que beaucoup d’autres.
Le dernier voyage à Bali : Amlapura, les cendres et Bowie
Au fond, l’histoire de Bowie et Bali tient dans trois images.
La première est celle d’un homme qui découvre un rituel de crémation balinais et en garde une impression durable. La deuxième est celle d’un musicien qui nomme une chanson Amlapura, comme si une ville de l’est de Bali était devenue un paysage intérieur. La troisième est celle d’un testament où Bali apparaît comme le lieu souhaité pour la crémation ou la dispersion des cendres.
Trois images, mais une même idée.
Bali n’a pas été pour Bowie un simple refuge esthétique.
Elle fut un lieu de transformation.
Un lieu où la mort pouvait être pensée autrement.
Un lieu dont l’architecture pouvait être réinventée ailleurs.
Un lieu dont la langue pouvait entrer dans sa musique.
Un lieu qui, au moment de la fin, revenait comme une évidence.
David Bowie a passé sa vie à créer des personnages pour mieux disparaître derrière eux, puis renaître autrement. Bali, avec ses crémations, ses rites, ses temples et son rapport au passage, lui offrait peut-être une dernière image de cette métamorphose.
Il avait chanté Ashes to Ashes.
Il a voulu que ses cendres rejoignent Bali.
Et dans cette coïncidence, il y a quelque chose que même le meilleur biographe ne pourrait pas entièrement expliquer.
Quelque chose qui appartient à Bowie.
Et quelque chose qui appartient à Bali.
Cette île capable de laisser en certains voyageurs une trace si profonde qu’ils ne veulent plus seulement y revenir.
Ils veulent y finir leur voyage.
Sources de vérification utilisées
Le testament de David Bowie, rédigé en 2004 et rendu public en 2016, demandait que son corps soit transporté à Bali pour y être crématisé selon ce qu’il appelait les “Buddhist rituals of Bali”, ou, si cela n’était pas possible, que ses cendres y soient dispersées ; plusieurs médias ont rapporté que sa crémation eut lieu dans le New Jersey et que ses volontés concernant Bali furent respectées.
La maison de Mustique, construite en 1989 et présentée par Architectural Digest en 1992, était un refuge de style indonésien intégrant des éléments javanais, balinais et d’autres influences architecturales asiatiques ; Architectural Digestmentionne notamment des façades en teck venues d’un village javanais et des détails inspirés d’Indonésie.
Le morceau Amlapura apparaît sur l’album Tin Machine II ; il porte le nom d’une ville de l’est de Bali, dans la région de Karangasem, et une version indonésienne du titre fut publiée en lien avec le single You Belong in Rock ’n Roll.
David Bowie a également enregistré Jangan Susahkan Hatiku, version indonésienne de Don’t Let Me Down & Down, associée à Black Tie White Noise ; les plateformes musicales la référencent comme Indonesian Vocal Version.
Le Ngaben est bien une cérémonie de crémation hindoue balinaise, aussi appelée Pitra Yadnya ou Pelebon, destinée à libérer l’âme du défunt ; cela permet de nuancer la formulation du testament de Bowie, qui parlait de “rituels bouddhistes de Bali” alors que le rite balinais de crémation appartient d’abord à l’univers hindou balinais.
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